"So Film, c'est un mensuel de 100 pages qui donne la parole à ses invités, qui crée du sens, qui varie les plumes et les sujets et qui provoque des rencontres improbables et enrichissantes. Bref, vous l'aurez compris, So Film joue la carte de la contre-programmation avec légèreté ! Il reprend d'ailleurs à bon compte la formule des 3 H chère à son grand-frère So Foot : histoire, humour, humain."
ÉDITO
UN MOIS DE CINÉMA EN FRANCE, D’ALCOOL ET DE PLAGIATS
LES CHIFFRES
TOP 3 CINÉMA
La case aux folles • Chaque année, la « reality competition » RuPaul’s Drag Race (à la recherche de la nouvelle drag-queen, en gros) sort un teaser pour présenter la dizaine de nouveaux candidats, portant des robes et des perruques toutes coordonnées par un directeur artistique ultra pointilleux. Ce coup-ci, le teaser de la nouvelle saison « All-Star » était placé sous le signe du doré : des boucles d’oreilles aux talons en passant par les strings. Tout sauf un hasard : jusqu’à l’an dernier, RuPaul’s Drag Race était une téléréalité « indie ». Mais elle a obtenu une promotion en or...
LE JEU DE L’OIE D’HELKARAVA
Black Panther • Le scénario secret de l’usine à (gros) rêves.
“ Cet islam importé n’était pas le nôtre ” • En 2015, le cinéaste franco-marocain Nabil Ayouch agaçait la censure avec le très beau et très libre Much Loved. Dans ce film d’émancipation féminine, quatre jeunes prostituées de Marrakech mettent en scène leur quotidien et racontent à travers lui la société maghrébine tout entière. Le réalisateur revient aujourd’hui avec Razzia, nouveau film choral qui parle de libertés individuelles dans un Maroc qui se bat pour ne pas être rattrapé par les intégrismes. Et se trouve à l’heure des choix.
L’ENFANT DÉSACCORDÉ • Avec ou sans Caméra d’or, Tesnota a été la révélation du Festival de Cannes 2017. Un épatant film russe tourné en numérique par un jeune cinéaste (24 ans à l’époque), Kantemir Balagov, qui semble déjà avoir tout compris au cinéma. Mais qu’incarne ce prodige chaperonné par Sokourov, fan de Jean Vigo et de Kendrick Lamar? Peut-être le cinéma européen de demain, mais pas que.
Pâles riders • Une cinéaste chinoise perdue dans une réserve au fin fond du Dakota avec de vrais cowboys d’aujourd’hui ? Ça surprend, mais ça peut donner aussi un très beau film de fiction tourné sans argent : The Rider (en salles le 28 mars). Après s’être intéressée au sort des Amérindiens pour son premier long, Les Chansons que mes frères m’ont apprises, Chloé Zhao a décidé de rester dans ce petit pan de western moderne loin de la ville, sans changer de méthode de tournage, avec des non professionnels dans une fiction inspirée de leur propre vie. L’histoire de ce tournage qui ressuscite le Far West avec des bouts de ficelle, c’est Zhao, Joshua James Richards, son chef op’, et Brady Jandreau, sa star, qui la racontent ici.
MADAME RÈGNE • En 1981, certains résumaient la jeune comédienne Isabelle Huppert par les mots « c’est une plénitude malheureuse ». Plus de trente-cinq ans ont passé et celle qui n’a jamais autant ressemblé à la patronne du cinéma français n’est toujours pas rassasiée. Ni de son image sévère qu’elle cherche toujours à bien éclairer, ni de nouvelles expériences avec des auteurs capables de bouger les lignes, ni de danses jusqu’au bout de la nuit. Il fallait se glisser dans les interstices de cet agenda de machine pour comprendre. Et, maintenant que trois « Huppert’s movies » arrivent en salles, ( Eva , de Benoît Jacquot, Madame Hyde, de Serge Bozon et La Caméra de Claire , de Hong Sang-soo), savoir si Isabelle Huppert est désormais devenue « une plénitude heureuse » .
« Le passé, le futur... Elle s’en fout »
« Huppert, c’est...